L’etoile montante de la Tunisie
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La determination d’une jeune joueuse d’Afrique du nord est un brilliant exemple pour les femmes du monde arabe.

Un petit bout de femme si frêle qu’on dirait qu’une rafale de vent pourrait l’emporter, jouera a Melbourne pas seulement pour la gloire mais pour l’emancipation de ses sœurs, 140 millions de ses sœurs. L’apparition de Selima Sfar à l’Open d’Australie dépassera les cours de tennis et sera aussi une affirmation politique qui rejaillira sur le monde Arabe et l’Afrique du nord.

Les opinions seront divisées : en devenant la première femme arabe a réussir sur le circuit international, la joueuse de Carthage, au nord de la Tunisie, sera une heroïnne ou une courtisanne. Dans le monde Musulman si strict du chador, une femme est supposée connaître sa place. Et ce n’est certainement pas celle de se promener bras, jambes et visages nus devant des hommes.

Sfar sait que la responsabilité qu’elle porte est bien plus lourde que la simple ambition de la plupart des joueuses qui est de gagner pour leur pays et pour elles-memes.
"Chaque femme Arabe qui fait quelque chose de grand, reste dans l’histoire du monde arabe" dit-elle. "Tout le monde attend que notre situation change. Si je peux réussir, cela ouvrira la porte aux femmes arabe dans le monde entier."

Sfar, 24ans, dont la présence a Melbourne signifie qu’elle a joue dans chacun des Grand Slams, est l’ambassadrice la plus importante que les sportives arabes aient eu depuis que l’Algerienne Hassiba Boulmerka a defié les ayatollahs pour remporter sa médaille d’or du 1500m aux jeux Olympiques de 1992.

En temps que première fille de l’Islam a briller dans le sport international, Boulmerka a du subir les crachas et les graffiti obscènes sur les murs autour d’Alger au moment ou la puissance du front islamique du salut augmentait.

Boulmerka a ete suivi depuis par une génération d’athlètes féminines marocaines qui ont reussi dans des epreuves allant du 400M haies au marathon. Mais l’emergence de Selima Sfar a encore plus de valeur car le tennis est un sport associé a la féminite et ou le sexe est utilise avec autant d’effrontément pour vendre le produit.

Elle est née et a grandi dans l’un des pays arabes les plus libéraux et sa famille avait deja une histoire de pionnier. Son grand-père était l’un des journalistes qui a fondé le premier journal arabe de Tunisie, et il fut emprisonné par les autorités coloniales françaises pour avoir fait campagne pour l’indépendance. Ses deux parents sont médecins.

Ses parents ne se sont pas opposés à ce qu’elle joue au tennis avec ses amis après l’école dans le club local, près de leur maison.
" Mon école se trouvait aussi en face de la maison et donc mes amis avaient l’habitude de se réunir chez moi avant d’aller jouer au tennis ", se souvient-elle. " C’etait tres facile, et mes parents savaient ou nous etions ." Mais Sfar était si douée qu’a l’age de 13ans, elle etait deja la meilleure joueuse du pays et elle manquait d’adversaire. " Il ne restait plus aucun garçons, ni filles, juste le mur. "

La carriere de Sfar aurait pu vaciller  si son grand-père n’avait pas ete la : il sentait vraiment que les femmes méritaient d’avoir les mêmes occasions que les hommes. Il insista beaucoup pour que les parents de Sfar l’envoie en France continuer son éducation tennistique. " mon grand-père m’a pousse car il savait que je pouvais réussir, cela représenterait quelque chose pour le monde arabe, " dit-elle.

En France, Sfar a confirmé la foi que son grand-pere avait en elle. Elle a rejoint l’euipe de Regis de Camaret, l’entraîneur de Nathalie Tauziat, a Biarrritz. Comme Tauziat, la finaliste de Wimbledon en 1998, Selima Sfar est une joueuse de service-volley qui malgré sa taille, possède un grand service. Sa première adversaire cette semaine est la Thaïlandaise Tamarine tanasugarn, tête de série n°25.

Le plus grand moment de sa carrière jusqu'à présent a eu lieu l’année dernière quand elle a gagné son premier match du circuit WTA au Canberra Women’s Classic. Elle est maintenant 81e au classement mondial et nourrit des ambitions de suces a Melbourne.

La-bas, les soutiens de Selima Sfar transcenderont le nationalisme et des femmes de tous pays, race et religion voudront qu’elle réussisse et qu’elle continue d’aider à lever le voile.